LE SHIATSU
Le shiatsu est une technique thérapeutique de massage, plus exactement de pressions sur des points précis du corps le long des méridiens d’énergie. Le terme « shiatsu » veut dire littéralement « pression digitale » ou « pression des doigts ». L’on parle aussi d’« acupression » car les points de pression sont les mêmes que ceux de l’acupuncture, ou encore de « massothérapie ». C’est une thérapie qui rééquilibre les désordres énergétiques de l’organisme et libère les blocages de l’énergie vitale (le « qi » ou « ki »). Une circulation harmonieuse et libre du qi participe à une bonne santé. Le qi circule dans tout le corps le long de méridiens, comme l’eau fraiche dans des canaux d’irrigation. Mais de nombreux facteurs (mauvaises postures, blessures, stress, chocs émotionnels, philosophie de vie erronée, alimentation inadaptée…) peuvent désorienter ou bloquer le flux d’énergie. C’est là que le massage shiatsu peut remettre en libre circulation le qi et rétablir un bon état de santé.
BRÈVE HISTOIRE :
Le shiatsu dérive d’une technique ancestrale chinoise de massage appelée « Anma ». Le mot Anma est l’assemblage des termes « An » (= presser) et « Ma » (= frotter) qui déterminent la méthode de base du pétrissage de la peau. L’Anma est dérivée de la technique séculière de massage « Tui Na » constituant un des cinq piliers de la Médecine Traditionnelle Chinoise. Les points d’acupuncture sont connus en Chine depuis 8000 ans. Un des premiers ouvrages sur les méridiens d’énergie date de la dynastie Han. Le massage Anma a été exporté au Japon par des moines bouddhistes au 6ème siècle, ou au 8ème siècle selon les versions des historiens. Puis l’Anma s’est développé au fil du temps. Il a été popularisé eu 17ème siècle par l’illustre acupuncteur Sugiyama Waichi qui a japonisé le vocabulaire, comme par exemple le point d’acupuncture traduit en « tsubo ». L’Anma est un vigoureux massage qui utilise sept techniques précises : comprimer ; « musique des mains » ; presser-coller ; renforcer ; saisir-pétrir ; taper ; vibrer. L’Anma agit sur les corps physique, mental émotionnel et spirituel.
Lors de l’occidentalisation du Japon, l’Anma, rebaptisé « Amma », s’est modernisé et renforcé avec des connaissances scientifiques occidentales. C’est ainsi qu’au début du 20ème siècle est né le shiatsu, terme inventé par Tamai Tempaku. Le shiatsu est l’enfant du mariage harmonieux entre les techniques ancestrales asiatiques de massage et le savoir-faire scientifique moderne. C’est en 1964, que le gouvernement japonais a reconnu officiellement le shiatsu comme une discipline thérapeutique distincte.
BIENFAITS :
Les recherches scientifiques occidentales sur le shiatsu sont récentes et encore peu nombreuses. Le British Medical Journal le cite dans un article consacré aux médecines complémentaires. Des études menées dans divers pays européens ont montré que le shiatsu améliore la mobilité musculaire et articulaire, le sommeil, la respiration, la digestion, rééquilibre le système nerveux, harmonise la sphère émotionnelle, remaille l’interaction sociale… Si la science académique occidentale reconnaît timidement les bienfaits du shiatsu, au Japon ou en Chine cela fait fort longtemps que la science a avalisé les vertus de cet art ancestral.
Et puis, il y a les très nombreux témoignages de satisfaction des patients qui relatent : le shiatsu diminue le stress, détend le corps, améliore le sommeil, apaise la migraine, équilibre l’état émotionnel, réduit la fatigue, aiguise l’appétit, améliore la récupération musculaire, réduit les douleurs articulaires, atténue les douleurs chroniques, améliore la circulation sanguine, favorise l’élimination des déchets métaboliques et des toxines… Le shiatsu est à la fois relaxant et revigorant. Il procure un sentiment de bien-être global. Il rééquilibre, recentre, réaccorde, harmonise…
Attention, le shiatsu (ou l’Amma) est contre-indiqué aux personnes souffrant de forte inflammation articulaire ou musculaire, de fièvre, de dermatoses ou autres pathologies, ainsi qu’aux femmes enceintes.
DÉROULEMENT D’UNE SÉANCE :
Le maître shiatsu réalise tout d’abord un diagnostic holistique. Il doit bien évidemment connaître et comprendre les antécédents du patient, repérer les zones douloureuses, localiser les points de blocage physiques et/ou émotionnels, jauger l’état énergétique de la personne. Il choisit alors la technique la plus efficace et la mieux adaptée pour résoudre le problème de santé. Dans un massage shiatsu, le thérapeute utilise les doigts ou les paumes de ses mains, mais aussi parfois ses coudes, ses genoux ou ses pieds pour traiter le corps du patient. Le praticien emploie diverses techniques appropriées telles que le pétrissage, le tapotement, les pressions rythmées, toniques ou pénétrantes, les étirements ou les manipulations fluidiques… A la fin de la séance, le praticien demande au patient son ressenti et recommande éventuellement des séances supplémentaires.
Le patient, qui reste habillé, s’allonge sur un tapis de sol ou une table de massage. Dans certains cas spécifiques, il peut être assis sur un siège. La durée de la séance dépend du travail spécifique à effectuer pour résoudre le problème de santé du patient, mais on table généralement sur environ une heure.
Le qi, ou ki, est l’énergie propulsive de la vie, la force invisible qui s’exprime sous forme physique, mentale et émotionnelle. Pour la Médecine Traditionnelle Chinoise, un qi circulant librement dans les méridiens est synonyme de bonne santé. Lorsque le qi est désordonné ou bloqué, le shiatsu permet de le remettre en mouvement à l’aide de diverses techniques. Ainsi, les zones manquant de qi sont à nouveau irriguées et les points où le qi s’était accumulé sont désengorgés.
Parfois, lorsque le thérapeute appuie sur un nœud de blocage, le patient ressent une douleur. Mais cette douleur momentanée est libératrice. Il se peut que le patient ressente encore quelques maux les jours suivant la séance, ce qui est normal car le corps continue à se dénouer. Mais très vite le sentiment de bien-être général et de confort l’emporte. D’ailleurs, après une séance de massage chez un kinésithérapeute, le patient est également souvent provisoirement courbaturé. Ces petits effets accessoires sont normaux et salutaires. Au Japon, l’on a coutume de dire : « sans réaction, pas d’amélioration ! ».
TYPES DE SHIATSU :
Il existe de nombreuses déclinaisons du shiatsu, diverses méthodes, différents styles. Voici les principaux types de shiatsu :
Le shiatsu Kagotani : théorisé par le professeur Kagotani, il se concentre sur cinq axes essentiels dont le principal est l’harmonisation du système nerveux.
Le shiatsu Kurétaké : il a été conçu par Yutaka Sakakibara qui ouvrit en 1926 la plus importante école de médecine orientale de Tokyo. Ce shiatsu fait la part belle au placement et à la posture du praticien, ainsi qu’à la perpendicularité et à l’amplitude des pressions de massage.
Le shiatsu Namikoshi : c’est le shiatsu originel, très répandu au Japon et largement enseigné dans les écoles. Il se base sur les sept effets principaux du shiatsu décrits par le thérapeute T. Namikoshi.
Le shiatsu Yin : fondé par maître Nobuyuki à la clinique Akahigedo de Tokyo, il insiste sur une acupressure profonde sur les fascias.
Le shiatsu Yoseido : élaboré par Yuchi Kawada, il s’inspire de la philosophie ésotérique chinoise. On le nomme parfois aussi : Shiatsu Essentiel.
Le shiatsu Zen : développé par le psychologue Shizuto Masunaga qui a étudié l’impact mental et émotionnel sur les structures énergétiques de l’organisme.
Et bien d’autres encore…
Auteur : Thierry

